Un poème au nom de l'eau présenté par l'association Phoenicia
Ô Chère Eau
Tu es Eau, Aqua ou Hudor
Tu es dans tous les états : incolore ou inodore. Tu es liquide, limpide ou insipide. Tu es oxygène et hydrogène. Aussi tu incarnes l’hygiène.
Tu es claire, pure, transparente. Comme tu peux être polluée trouble ou stagnante.
Tu dégoulines, tu coules et tu es vive. Tu es dormante, courante, frémissante ou bouillante.
Tu arroses, tu laves, tu nettoies, et tu purifies. Tu es légère, lourde, bruyante et jaillissante.
Tu es la pluie, la trombe ou le déluge. Tu crées les lacs, les cratères et tu abreuves canyons et continents.
Tu provoques aussi hélas des tempêtes et des cyclones, des geysers violentent aussi que de terribles ouragans.
Tu es molécule, neige et tornade, tu grondes, tu provoques des crues et tu inondes par d’effrayants orages.
Tu es retenue prisonnière dans nos barrages mais tu nous le rends bien par tes illusions et tes mirages.
Maintes fois citée dans le Saint Coran, tu nous mets en communion avec le Créateur lors de nos ablutions.
Tu apaises, tu consoles et tu étanches la soif. Tu es bénie et miraculeuse et apporte tant de solutions.
Tu es parfum dans toutes les essences, eau de fleur ou eau de toilette : dans tous les cas tu inspires les poètes.
Tu es sueur, larme et rosée, tu es aussi dans les cérémonies du henné et même ritualisée.
Tu es phénoménal et tu fais des prodiges. Tu tires du néant des arcs en ciel et tant de buée.
Tu es chaude ou froide, glace ou vapeur. Tu fais tourner roue à eau, turbines et compteurs.
Tu es toujours sur notre table, que tu sois distillée, gazéifiée, traitée, plate ou minérale.
Tu es le goutte à goutte ou celle qui fait déborder le vase. Tu ravives genêts et flore dès qu’on t’implore.
Tu es souterraine et tu croupis dans les entrailles de la terre mais l’on t’extrait pour remplir nos aiguières.
Et, chez nous dans certaines contées, tu perpétues la vie grâce aux norias aux seguias et aux foggaras.
Tu es et demeureras le plus précieux des liquides contenus dans les querbas, réservoirs, Chott et lagunes.
Tu ne désemplis pas mers et océans mais tu fuis fréquemment nos conduits et canalisations.
Tu fais naître, d’ailleurs souvent et sans motif contestations, querelles et polémiques.
Tu fais « nager » dans la joie savants, puisatiers et tous ceux qui ont lieu avec l’hydraulique.
Tu assainie et purifies, tu es sauvage ou domestique. Tu es dans les fioles et les nappes phréatiques.
Tu es douce, salée ou thermale. Tu es bénéfique ou thérapeutique comme tu fus amniotique.
Tu es glorifiée par les fétichistes qui t’attribuent, à tort ou à raison, des vertus magiques.
Tu as enfin et pour l’éternité la gratitude des humains de toutes croyances et tout ce qui symbolise la vie.
Quant à nous, mais sans aucune injure ou la moindre offense, nous préférions l’eau de Ain El Fouara à celle de l’eau de jouvence.
Oui, tu es tout cela…. Très chère Eau.